PremierPrecedentSuivantDernier

Les délires d'Olibiobus:(1/74) (03/09/2013 23:38:24)

Chapitre 1 L'invention du professeur Olibiobus

Ou comment un fils exigeant, entraîne son père sur la piste du biogazon

L'an 2005 tire ses jours gris, trop courts, comme pour mieux contraster avec les rouges, les ors, les lumières artificielles qui apparaissent un peu partout quelques semaines avant Noël. Dans ce décor artificiel qui précède les fêtes de fin d'année, un petit homme au costume gris se faufile et se fond dans la foule.

Rien dans son apparence ne permet de deviner que ce petit homme, le professeur Oscar Olibiobus est un généticien remarquable. L'homme est modeste. Son regard clair, sa mine sereine et même un peu réjouie. Aucune fierté ou arrogance dans ce visage. Ce Monsieur n'a rien des ' m'as-tu vu ' que l'on voit trop souvent se pavaner devant une caméra de télévision ou l'appareil photo d'un photographe renommé. Non, Oscar est un homme d'allure simple, presque transparent. Et pourtant, ses travaux lui ont valu la plus grande considération de ses pairs, tout particulièrement en l'an Deux mille. A cette époque, sa femme Odile vivait encore et lui reprochait parfois de passer beaucoup de temps dans le laboratoire de génétique d'Evry. Cette femme aimante aurait aimé une présence plus fréquente de son éminent mari. Le professeur se remémorait, non sans quelque regrets, les années de bonheur vécues auprès de cette tendre épouse et une larme vite effacée coula sur sa joue.

Oscar Olibiobus est né à Lille, le dix huit juin mille neuf cent cinquante, d'un père ouvrier du textile et d'une mère qui reste au foyer pour élever au mieux ses enfants. Cette tache est d'autant plus ingrate que les revenus de la famille Olibiobus sont plutôt maigres. Oscar va donc à l'école publique où il s'avère brillant tant en primaire qu'en secondaire. Il entre dans un pensionnat réputé de la région afin d'éviter les heurts incessants avec son père, sans doute un peu jaloux de la réussite de son fils. Oscar obtient son baccalauréat avec la mention bien. Il est heureux de quitter le pensionnat, univers quelque peu fermé. Il espère trouver la grande liberté en faculté des sciences. Il la trouve, en effet; cependant il n'y est pas préparé et se réfugie dans les bibliothèques de la ville. Très curieux, il lit tout ce qui lui tombe sous la main.

La bibliothèque universitaire devient son lieu de prédilection et il n'est pas rare qu'il fasse la fermeture. Il s'intéresse plus particulièrement à ce qui est vivant et son parcours scolaire lui ayant fourni des bases mathématiques solides, la biologie qui en quelque sorte tente d'expliquer le vivant par la logique devient très vite son domaine préféré. Il oriente ses études dans ce sens. Il devient rapidement un bon chercheur dans le domaine de la biologie moléculaire. Il quitte sa région natale pour monter à Paris et se fait embaucher dès mille neuf cent quatre vingt cinq par le laboratoire Bioproduits.

C'est dans cette entreprise qu'il rencontre un an plus tard, Odile Olavie qui devient sa femme et lui donne deux enfants. D'abord une fille qu'ils prénomment Ophélie, puis un garçon, Olivier. La petite famille s'installe dans un bel appartement en banlieue parisienne, à proximité raisonnable des laboratoires Bioproduits.

Le professeur Olibiobus habite encore aujourd'hui cet appartement avec ses deux enfants. Ce soir il se presse un peu; il doit affronter la foule, se frayer difficilement un passage dans la marée humaine. Tous ces gens, comme lui, sont à la recherche de cadeaux qui feront grand plaisir à leurs proches ou à leurs amis. Après quelques hésitations et de nombreux allers retours dans les grands magasins de Paris, il tombe en admiration devant un manteau genre duffle-coat qui devrait plaire à sa fille; le prix lui semble correct, la taille conviendra à Ophélie; la vendeuse est charmante avec lui. Oscar se décide donc à faire cette acquisition. La vendeuse lui propose de faire un emballage cadeau.

Valid HTML 4.01 StrictCSS Valide !  page hébergée par Association-Ginux et générée par web concept en :0.305 secondes